Alima Boumediene-Thiery, sénatrice (les Verts)

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Alima Boumediene-Thiery, sénatrice (les Verts)

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>>Qui est Alima Boumediene-Thiery

26 septembre 2004
Auteur(e) : 

Mon nom est Alima Boumédiene-Thiery. Je suis franco-marocaine.

Mes parents sont arrivés en France avec la première vague d’immigration maghrébine, dans les années 1960, avec dans leurs bagages leur cœur et leurs racines venant de l’autre côté de la Méditerranée.

Pour ma part, étant née ici, j’ai commencé par refuser ces racines maghrébines qui ne me semblaient pas vraiment être les miennes. Adolescente, c’est le militantisme anarchiste qui a incarné pour moi le refus de l’Islam, de l’arabité, du Maghreb.

En effet, cet engagement politique dans une mouvance qui cherche à libérer l’homme de toute contrainte sociale, familiale, religieuse ou économique m’a permis de ne pas me sentir prédéterminée par quelque chose d’extérieur.

Et puis j’ai compris

Compris que ces racines multiples (arabo-berbère par mon père, judéo-chrétienne par ma mère, françaises), si on ne les vivait pas comme un contrainte, comme une obligation qui s’imposerait à soi, sont une richesse fabuleuse.

Par exemple, si je ne suis pas vraiment pratiquante (mais je suis croyante), je ne rate quand même jamais le ramadan. Je ne le vis plus comme une pratique imposée par ma famille, mais comme une épreuve personnelle qui me permet de réfléchir, d’avancer dans la connaissance de ma personne. Dieu n’est peut-être pas la raison principale de tout cela, mais ça n’est pas forcément le plus important.

Ainsi, j’ai compris qu’être français ce n’est pas singer les habitudes culinaires, vestimentaires ou musicales des autres. Ce n’est pas se couler dans le moule de la culture dominante, comme voudrait le faire croire le modèle républicain classique. J’adore le canard à l’orange et Georges Brassens ( ? ? ? ? ?), mais la culture française ne se limite plus à cela.

Une culture est par essence mouvante, changeante, enrichie et revitalisée par des influences multiples. C’est ce qui explique mon engagement associatif depuis vingt ans auprès de l’immigration : tous avec nos racines, nous pouvons participer aux changements de la culture française et européenne.

Moi, Beurette de banlieue, je représente la France (pas seulement !) au Parlement Européen, et ça c’est nouveau.

De même, le rap ou le raï, le son du muezzin ou le tagine agneau-amande font désormais partie de la culture française. Il faut vraiment se décomplexer, s’accepter dans sa complexité sans subir le regard de l’autre qui bien souvent veut nous enfermer dans une caricature qui ne représente que leurs fantasmes peureux. De plus, je pense , contrairement à ce qu’affirment les médias et les politiques, les jeunes Beurs n’ont pas vraiment de problème d’identité.

Ils représentent même souvent l’archétype de nos sociétés contemporaines. Les jeunes de banlieue ? Ils écoutent et composent les musiques les plus contemporaines, se réapproprient l’urbanité par les tags, créent la mode vestimentaire des petits bourgeois français « de souche ».

Ils sont l’avant-garde de la culture française, et l’on voudrait nous faire croire qu’ils ont des problèmes d’intégration ? Même la violence, l’individualisme parfois forcené de certains de ces jeunes (pas seulement issus de l’immigration d’ailleurs) sont aussi des déviances symptomatiques de notre société : l’individualisme, n’est-ce pas le modèle de la société aujourd’hui ?

La violence, à mon sens, ne témoigne que de l’impossibilité d’accéder aux promesses de la société, ce n’est en aucun cas une réaction de rejet par rapport aux valeurs.

Ma France à moi, elle mange de la blanquette de veau, du poulet yassa et des big macs, elle boit du beaujolais, du coca et s’offre un petit joint de temps en temps, elle écoute Brel comme Khaled, NTM ou Prince…

Nulle culture n’est figée. Avec nos racines d’ici ou d’ailleurs, nous avons tous quelque chose à apporter à la France et à l’Europe.

Vos commentaires sur cet article

  • Qui est Alima Boumediene-Thiery

    26 novembre 2006
    cas de conscience francaise comment reparer la tragedie de la destruction dela memoire de l entite d une culture d un peuple la negaton de l autre a quand un tpi pour juger cesmassacres ou bien faudra t il de ces kamikazes qui sement la peur pour vous reveiller
    • Qui est Alima Boumediene-Thiery
      1er février 2007, par Lyna
      Je suis française d’origine alégrienne, la manière dont s’est décrite Halima, je me reconnaîs parfaitement dans ce portrait, qui est une illustration de la tolérance et du respect de l’autre dans toute sa compléxité. "Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis". Voilà ma devise.

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